Préparation réédition L 3 Consummatum Est (extraits)
13. Louanges et actions de grâces éternelles de l’Eglise Triomphante à son Seigneur :
3455. « Je Vous sacrifierai une Hostie de louange. Après le Martyre, où sacrifie-t-on ? Dans la terre des vivants.» (Saint Jérôme, in Ps.115,9)
3456. « On pourrait sans doute référer ce verset à la Jérusalem Céleste, de manière à rapporter le verset 5, comme cela a été fait plus haut, à la confession faite sur terre, et ici (v. 9s) à la fin du Psaume dire quelque chose de semblable de la confession de louanges et des voeux d’action de grâces qui sont rendus dans les Cieux, en sorte que le sens soit le suivant : Je rendrai mes voeux au Seigneur, une fois tous mes liens rompus et après avoir été appelé à la parfaite liberté des fils de Dieu, j’immolerai en présence de tout son peuple déjà glorifié dans les Cieux, dans les parvis de la Maison du Seigneur, c.à.d. à l’entrée de la Maison du Seigneur, dont il est dit dans le Psaume 83,5 : « Bienheureux ceux qui habitent en Votre Maison, Seigneur ; ils Vous loueront dans les siècles des siècles », un sacrifice de louanges et d’action de grâces. Cela, non seulement dans les parvis, mais aussi dans la Maison, laquelle est au milieu de toi, ô Jérusalem supérieure et glorieuse, qui est notre Patrie, vers laquelle, depuis ce lieu de pèlerinage, chaque jour nous soupirons.» (Saint Robert, in Ps. 115,9s)
14. Malgré Ses ennemis, le Christ-Jésus offrira pour l’éternité Son Sacrifice de louange parfaite à la Très Sainte Trinité :
3457. - Voix du Sauveur rendant grâces aprés la célébration de la première Messe, avant de Se rendre à Gethsémani : Vous avez rompu Mes liens ; le Saint Sacrifice du Calvaire étant déjà virtuellement offert, Vous avez d’ores et déjà rompu les liens des Miens.
Vous avez en outre, nouvel Abraham immolant Son Isaac, Vous le Tout-Puissant sacrifiant Votre Unique pour Vos créatures, virtuellement rompu les derniers liens qui Me maintiennent encore en Ma présence visible ici-bas, ceux de Mon Corps en chair et en os que Je désire on ne plus ardemment voir dissous (Mc. 14,58 ; Phil. 1,23) et siéger à Votre Droite. Néanmoins, puisqu’Il Me reste à effectuer cette immolation Je Vous sacrifierai demain, au jour même de la Pâque ancienne, au temps même où les agneaux figuratifs auront été immolés dans le Temple, une Hostie de louange, Ma propre Chair sacrée que Je livrerai dans quelques instants aux mains de Mes bourreaux, qui la bousculeront, frapperont, conspueront, déchireront de toute manière et de toute part « depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la Tête » (Is. 1,6) ; et Mon Ame toute Sainte, qui sera bientôt oppressée par le poids des péchés des hommes de tous les temps. Et Je rendrai Mes voeux, auxquels J’ai fait allusion plus haut (v. 5), et J’invoquerai Votre Nom jusqu’au bout, ainsi que Je l’ai déjà dit (v. 4), en présence de tout Votre peuple, « incrédule et rebelle » (Rom. 10,21), Me contredisant sans cesse, vers lequel, en vain, « J’ai étendu Mes mains » en Croix « tout le jour » (Is. 65,2), après avoir inlassablement prêché dans les parvis de la Maison du Seigneur, au Temple même (Jn. 18,20), surtout en chacune de ces journées entières d’enseignement en cette Semaine Sainte, au milieu de toi, ô Jérusalem : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les Prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-Je voulu rassembler tes fils, comme une mère-poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et tu ne l’as point voulu ? » (Mt. 23,37 ; Lc. 13,34). Aussi, puisque tu M’as repoussé, Je serai immolé hors de ton enceinte (Lev. 16,27), « au-delà de ta porte » (Hb. 13,12),
et ce rejet, ce bannissement, cet abandon, ce retrait que tu auras toi-même voulu (Jn. 19,15), sera le commencement de ton perpétuel puis éternel malheur, que tu as toi-même appelé sur ta tête (Mt. 27,25).
3458. C’est pourquoi, quant à Moi, Je Vous sacrifierai une Hostie de louange parfaite au milieu de Ma Jérusalem Nouvelle, de Mon Eglise : « Je ne recevrai pas », Je ne recevrai plus « de présent de votre main. Car, depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher » dans le temps, et « depuis l’Orient jusqu’à l’Occident » dans l’espace, « Mon Nom est grand parmi les Nations, et en tout lieu on sacrifie, et une Oblation pure est offerte à Mon Nom, parce que grand est Mon Nom parmi les Nations, dit le Seigneur des Armées.» (Malachie 1,10-11).
Et si doit venir un temps où « force est donnée contre le sacrifice à cause des péchés, et la vérité sera projetée à terre » (Dan. 8,12), où « le Sacrifice perpétuel sera aboli et l’abomination de la désolation sera dans le Lieu Saint » (Dan. 12,11 ; 8,13 ; 9,27 ; 11,31 ; Mt. 24,15), « quand sera accomplie la dispersion de la main », de la puissance, du pouvoir des chefs « du peuple saint » (Dan. 12,7), de l’Eglise Militante, et que la corne de la bête « usque ad principem fortitudinis magnificatus est », « (και) ἕως (où) ὁ ἀρχιστράτηγος » sera magnifiée, grandie, vantée, élevée, exaltée, glorifiée « jusqu’au général en chef de l’armée » (Dan. 8,11), Je Vous sacrifierai pour l’éternité une Hostie de louange parfaite avec les Anges et les Bienheureux Dans les parvis de la Maison Céleste du Seigneur, au milieu de toi, ô Jérusalem d’En-Haut, « apprêtée par Dieu comme une Epouse ornée pour son Epoux » (Apoc. 21,2).
- Voix du Sauveur : Benedicamus Domino.
- Voix des Apôtres : Deo gratias.
- Voix de la Sainte Eglise Catholique Romaine tout entière : Fiat. Fiat. Amen. Alleluia.
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3542. « Dieu ne pouvait faire aux hommes un don plus excellent que de faire leur Tête Son Verbe, par Lequel Il a créé toutes choses, et de les unir à Lui comme Ses membres, en sorte qu’Il soit Fils de Dieu et Fils de l’homme, un seul Dieu avec le Père, un seul Homme avec les hommes ; afin qu’en priant Dieu nous n’en séparions pas le Fils, et que le Corps du Fils en priant ne soit point séparé de sa Tête ; et que Notre Seigneur Jésus-Christ soit Lui-même l’unique Sauveur de Son Corps, Lui qui à la fois prie pour nous et prie en nous, et est prié par nous.
Il prie pour nous comme notre Prêtre, prie en nous comme notre Tête, est prié par nous comme notre Dieu.
Reconnaissons donc à la fois en Lui nos voix, nos paroles, et Ses paroles en nous.
Et quand il est dit quelque chose du Seigneur Jésus-Christ, surtout en une Prophétie, qui se rapporte à quelque humiliation qui paraît indigne de Dieu, ne doutons pas de l’attribuer à Celui qui n’a pas hésité à Se joindre à nous.
Et Il a assurément servit toute créature, puisque c’est par Lui que toute créature a été faite.
Et c’est pourquoi, tandis que nous contemplons Sa sublimité et Divinité quand nous entendons :
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ; Il était au commencement en Dieu ; tout a été fait par Lui, et rien sans Lui » (Jn. 1,1-3) ;
entrevoyant cette suréminente Divinité du Fils de Dieu surpassant ce qu’il y a de plus sublime parmi les créatures,
quand nous L’entendons aussi, en quelques passages des Ecritures, gémissant, priant, confessant des fautes ;
nous hésitons alors à Lui attribuer ces paroles, du fait que notre pensée répugne à descendre de sa contemplation récente de Sa Divinité à Son humilité ;
et comme si c’était Lui faire injure de reconnaître Ses paroles en l’Homme vers Lequel on dirigeait des demandes quand on priait Dieu, on hésite bien des fois, on s’efforce de changer le sens ;
et pourtant il ne trouve pas dans l’Ecriture d’autre possibilité que de les Lui appliquer, et de ne pas les en détourner.
Qu’on sorte donc de la torpeur et approfondisse sa foi ;
et que l’on constate que Celui qu’on contemplait peu avant
« en la forme de Dieu .. a pris la forme d’un serviteur, été fait semblable aux hommes, reconnu pour un homme, par ce que l’on voyait de Lui, S’est humilié en Se faisant obéissant jusqu’à la mort » (Phil. 2,5-8),
a voulu faire Siennes les paroles du Psalmiste, quand, pendant en Croix, Il a dit :
« O Dieu, Mon Dieu, pourquoi M’avez-Vous abandonné ? » (Ps. 21,2).
Il est donc prié en la forme de Dieu, prie en la forme de serviteur :
ici Créateur, là créé, assumant une nature changeante sans être changé,
et nous faisant avec Lui un seul homme, Tête et Corps.
Prions donc (tourné) vers Lui, par Lui, en Lui : et nous avons dit avec Lui, et Il a dit avec nous ; nous avons dit en Lui, et Il a dit en nous la prière de ce Psaume intitulé : « Prière de David » (Ps. 85,1).
Car Notre Seigneur est selon la chair fils de David ; mais selon la Divinité, Seigneur de David, et Créateur de David, et non seulement avant David, mais aussi avant Abraham dont David est issu ; mais même avant Adam, d’où sont issus tous les hommes ; mais encore avant le ciel et la terre en qui se trouve toute créature.
Que personne donc, quand il entend ces paroles, ne dise :
Ce n’est pas le Christ qui parle ici ; ou ne dise pas non plus : Ce n’est pas moi qui parle ;
mais plutôt s’il se reconnaît dans le Corps du Christ, qu’il dise à la fois l’un et l’autre :
C’est le Christ qui parle, et c’est moi qui parle.
Ne dis rien sans Lui, et Il ne dira rien sans toi.
N’est-ce pas ce qui résulte de l’Evangile ? Où il est assurément écrit :
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu, tout a été fait par Lui » ;
et où nous avons explicitement : Et Jésus fut contristé (Mt. 26,38), et Jésus fut fatigué (Jn. 3,6), et Jésus dormit (Mt. 8,24), et Il eut faim (Mt. 4,2), et Jésus eut soif (Jn. 4,7 ; 19,28),
« et Il pria, et Jésus passa la nuit en la prière à Dieu » (Lc. 6,12),
« Il persistait dans Sa prière, et des gouttes de sang coulaient de Son Corps.» (Lc. 22,43,44).
Que montrait-Il quand, en priant, des gouttes de sang coulaient sur Son Corps,
sinon que le sang des Martyrs allait couler de Son Corps qu’est l’Eglise ? »
(Saint Augustin, in Tit. Ps. 85)
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