Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

chartreux
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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

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SWS, Livre VII, II, C4, §257 a écrit :
II. 1. Nous avons déjà mentionné (au §250, I. 2) la discipline du secret. Le très-saint sacrement était particulièrement vulnérable à la profanation. Les Pères étaient donc tenus ou bien de n'en pas parler, ou bien d'en parler en un langage prudent compréhensible seulement par les initiés.
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SWS, Livre VII, II, C4, §257 a écrit :

II. 2. La présence réelle de notre Seigneur dans le très-saint sacrement est quelque chose de si merveilleux, et qui peut être considéré à tant de points de vue différents, qu'il y a un certain nombre d'expressions qui sont pleinement orthodoxes en un sens et fausses en un autre.
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SWS, Livre VII, II, C4, §257 a écrit :

II. 2. (a) Il n'y a aucun changement visible dans les apparences. Il est alors légitime de dire que rien ne change en un certain sens.

II. 2. (b) Le pain est le terminus a quo, et l'apparence du pain subsiste après le changement. Il est donc légitime en ce sens d'appeler ce sacrement le très-saint sacrement du pain.
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SWS, Livre VII, II, C4, §257 a écrit :

II. 2. (c) Bien que le corps de notre Seigneur soit présent sous les apparences du pain, ces apparences ne sont pas le corps de notre Seigneur. Le très-saint sacrement peut donc être dit signe de son corps.

II. 2. (d) Le corps de notre Seigneur n'est pas présent sous la forme qu'il avait sur terre, ou sous la forme glorifiée qu'il possède maintenant au ciel. On peut dire dès lors que notre Seigneur est spirituellement présent dans le très-saint sacrement tandis qu'il était corporellement présent durant sa vie terrestre.
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SWS, Livre VII, II, C4, §257 a écrit :
II. 2. (e) L'expression "manger le corps de notre Seigneur" peut être comprise de plusieurs manières. Dans le sens capharnaïte, elle veut dire manger le corps sous la forme qu'il avait pendant sa vie terrestre. S. Augustin exclut ce sens avec raison. On pourrait encore comprendre cette expression comme voulant dire que le corps de notre Seigneur est mastiqué par nos dents et affecté par notre digestion ; ce sens est à exclure aussi. Enfin, on peut dire que les méchants ne mangent pas le corps de notre Seigneur en ce sens qu'ils n'en tirent aucun bénéfice spirituel.
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SWS, Livre VII, II, C4, §257 a écrit :
II. 2. (f) Le très-saint sacrement est en un certain sens la figure du corps de notre Seigneur (cf. le (c) plus haut). Sa présence sous les apparences du pain est un sacrement ou figure de sa présence passée sur la terre. Le très-saint sacrement est également l'antitype ou réalisation (figura adimpleta) des types et figures de l'ancien Testament. Cf. Franzelin, thes. x.
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SWS, Livre VII, II, C4, §258 a écrit :

Section 258. La transsubstantiation.

L'Église n'enseigne pas seulement que le Seigneur est réellement et vraiment présent dans le très-saint sacrement, mais aussi la manière dont il est présent. Les paroles de consécration changent toute la substance du pain en le corps de notre Seigneur, et toute la substance du vin en son sang, les apparences (appelées aussi espèces) seules restant. Si le mot de "transubstantiation", qui décrit ce changement, ne date que du onzième siècle, la chose est clairement enseignée par les Pères. Les Protestants, qui objectent à l'introduction de ce terme, marchent dans les pas des Ariens, qui objectaient au mot de ὀμοοίσιος, et des Nestoriens qui objectaient au mot de θεοτόκος. La transubstantiation n'est pas moins réelle que ceux-là, et est tout aussi scripturaire.
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SWS, Livre VII, II, C4, §258 a écrit :

Elle est fondée sur la distinction courante entre une substance et ses accidents ou encore phénomènes. Quand Notre-Seigneur a changé l'eau en vin, la substance de l'eau fut changée en la substance du vin, et le goût, l'odeur, l'aspect de l'eau furent remplacés par le goût, l'odeur, etc., du vin. Dans le très-saint sacrement, le changement de substance a lieu sans aucun changement dans les accidents. Il y a donc besoin d'un mot nouveau pour exprimer la singularité de ce changement, et aucun n'est plus heureux que celui de trans-substantiation.
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SWS, Livre VII, II, C4, §258 a écrit :
Tous les scolastiques conviennent que la chose exprimée par ce mot est bien contenue dans la sainte Écriture. En revanche, certains d'entre eux, comme Duns Scot, ont tenu qu'elle ne pouvait pas être démontrée à partir de la seule Écriture. Il est à peine besoin de dire que Scot lui-même croyait très fermement à la transubstantiation. Cependant, le concile de Trente favorise le sentiment contraire à celui de Scot :
Concile de Trente, sess. xiii, c. 4 a écrit : Parce que le Christ notre Rédempteur a dit qu'était vraiment son corps ce qu'il offrait sous l'espèce du pain (...), on a toujours été persuadé dans l'Église de Dieu — et c'est ce que déclare de nouveau aujourd'hui ce saint concile — que par la consécration du pain et du vin se fait un changement de toute la substance du pain et du vin (...)
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SWS, Livre VII, II, C4, §258 a écrit :
I. Les paroles de consécration, "Ceci est mon corps", disent deux choses : (1) "Ce que je tiens dans mes mains devant vous actuellement est mon corps", et (2) "Ce que je tiens dans mes mains devant vous actuellement n'est plus du pain". Si du pain était encore présent, Notre-Seigneur n'aurait pas pu dire "Ceci est mon corps" ; il aurait dit, "ici", ou bien "À l'intérieur de ceci", est mon corps. Donc, à l'instant où Notre-Seigneur a prononcé ces mots, ce qu'il tenait en mains doit avoir cessé d'être du pain, et avoir été changé en son corps. Comme de plus aucun changement n'a eu lieu sur le plan des accidents ou apparences, il s'agit donc du type de changement appelé transsubstantiation.
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