Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
Publié : dim. 22 nov. 2020 21:20
Sœur Marie-Louise avait dans sa cellule une petite statue de sainte Philomène faite sur le modèle de son
saint corps, tel qu'il est à Mugnano. Plus d'une fois, toute la communauté avait remarqué avec admiration,
sur le visage de cette statue, des altérations qui leur paraissaient tenir du prodige. Ceci leur avait inspiré à
toutes le désir pieux de l'exposer dans leur église, et de la fêter avec toute la solennité possible. Cette fête eut
lieu, et, depuis, la statue miraculeuse resta sur l'autel.
Sœur Marie-Louise, les jours de communion et aux heures de l'adoration, allait devant elle faire ses actions de grâces et réclamer la protection de sa bienaimée Sainte. Un jour qu'elle éprouvait en son cœur le plus ardent désir de connaître l'époque précise de son martyre, afin que ses dévoués serviteurs pussent l'honorer avec plus de zèle, ses yeux se ferment, malgré tous ses efforts pour les rouvrir. Alors une voix pleine de douceur, qui lui paraissait venir de l'endroit où était la statue, lui parle ainsi :
« Ma chère Sœur, c'est le 10 du mois d'août que je mourus pour vivre, et que j'entrai triomphante dans le Ciel, où mon divin Époux me mit en possession de ces biens éternels, incompréhensibles à l'intelligence humaine. Aussi fut-ce pour cette raison que son admirable sagesse disposa tellement les circonstances de ma translation à Mugnano, que, malgré les plans arrêtés du prêtre qui avait obtenu mes dépouilles mortelles, j'arrivai dans cette ville, non le 5 de ce mois, comme il l'avait fixé, mais le 10; ni pour être placée à petit bruit dans l'oratoire de sa maison, comme il le voulait aussi, mais dans l'église où l'on me vénère, et au milieu des cris de la joie universelle, accompagnés de tant de circonstances merveilleuses, qui firent du jour de mon martyre un jour de véritable triomphe. »
Comme ces paroles portaient avec elles des preuves
de la vérité qui les avait dictées, elles renouvelèrent,
dans le cœur de sœur Marie-Louise, la crainte où elle
avait déjà été de se voir dans l'illusion. Dans cet état pénible,
elle redouble avec plus de ferveur ses prières,
et elle supplie avec plus d'instance que jamais
à son directeur de la désabuser.
Le moyen était facile, et soulager cette belle âme
était une œuvre bien bonne. On écrit donc à don François.
On lui recommande le secret. On le supplie d'être
assez bienveillant pour répondre clairement sur les
circonstances qui caractérisent la révélation, qui
avaient trait aux résolutions qu'il avait prises lui-même.
Celui-ci les trouve parfaitement d'accord avec la
vérité. Sa réponse non-seulement console la religieuse
afligée, mais elle anime encore ses directeurs à procurer,
pour la gloire de Dieu et de sainte Philomène,
un moyen qu'elle-même semblait leur indiquer, afin
de connaître mieux les détails de sa vie et de son
martyre.
Les directeurs ordonnèrent donc à la sœur Marie-
Louise de faire à cette fin, en vertu de l'obéissance,
les instances les plus vives auprès de la Sainte. Et
puisque, comme le déclare la Bible sacrée, l'obéissance
racontera ses victoires (Prov., xxxi), une fois que la sœur
était en oraison dans sa cellule pour obtenir le
faveur tant désirée, ses yeux se ferment encore de nouveau,
et elle entend la même voix qui lui dicte la
vie et surtout les circonstances du martyre de sainte Philomène.
A SUIVRE...













