Re: Saint Joseph intime
Publié : mar. 09 août 2016 22:31
à suivreEnfin, je comprendrai moins mal cet amour paternel de saint Joseph si je songe qu'il est digne de se rencontrer avec l'amour filial de Jésus.
Comme l'amour du Fils se rencontre avec l'amour du Père dans l'éternité, ainsi l'amour paternel de Joseph et l'amour filial de Jésus se rencontrent à Bethléem, à Nazareth... dans le ciel. Et que l'amour de saint Joseph soit digne de l'amour filial de Jésus : je ne sais s'il est pensée mieux faite pour nous en inspirer l'admiration et la vénération.
Car Jésus aime Joseph de l'amour filial le plus vrai. Pour entrevoir la vérité et la perfection de cet amour, il faut encore nous élever à l'amour mutuel du Père et du Fils qui se fusionne dans une unité parfaite pour produire l'Esprit-Saint, qui se complaît, se repose, se réjouit en cet Esprit d'amour, de paix, de joie...
Nous avons adoré le Fils de Dieu comme la Filiation même, il est l'amour filial en personne. Cet amour filial, il le communique à son Humanité autant qu'elle peut le recevoir, et de là en elle, dans sa volonté humaine, un amour filial incomparable pour aimer Dieu le Père.
Mais chose prodigieuse ! cet amour filial veut embrasser hors de Dieu deux créatures, et jamais il n'embrassera qu'elles : Marie et Joseph sont aimés de Jésus d'un amour privilégié et immense dans son caractère privilégié.
On dit que l'amour dans la famille, « comme les fleuves, descend et ne remonte pas ». On entend par là que trop souvent il est bien faible, bien inférieur en tout cas à l'amour paternel et à l'amour maternel. Mais cela ne saurait être vrai de Jésus. Son amour envers Marie et Joseph, sans cesse, par sa tendresse, sa reconnaissance, triomphe de leur amour paternel et maternel et le dépasse immensément.
Quelles délices pour saint Joseph de se voir ainsi vaincu en amour par le Fils de Dieu ! Il a beau travailler, souffrir sans cesse pour lui avec tout l'amour paternel possible, Jésus est si aimant, si reconnaissant, qu'à tout instant il lui rend cent pour un : en amour filial, en bénédictions filiales, que dis-je, il lui rend cent pour un ? il lui rend l'infini !
Si l'excellence d'un homme se mesure à son amour pour Dieu et à l'amour que Dieu lui rend, que dirai-je de ce Saint qui aime Dieu d'un amour paternel et qui est aimé de Dieu d'un amour filial (Cf. S. Bernardin. Sen., et De Isolanis : Summula J., nn. 440 et s.) !
Je ne puis pas être aimé de Jésus d'un tel amour. Et pourtant combien est vrai et profond son amour pour moi ! Je suis ravi quand j'y pense plus attentivement. Mais je veux me réjouir plus encore, ô grand Saint, de songer que, en union avec Marie, vous aimez Jésus d'un amour sans pareil et qu'il vous aime avec elle d'un amour unique.