Re: Famille de Saint Grégoire le Grand
Publié : sam. 23 avr. 2016 15:20
Sa charité se répandait par toute l'Italie et jusqu'aux provinces les plus éloignées du domaine de l'Eglise : car les receveurs qui y étaient établis de sa part, avaient charge de distribuer aux pauvres ce qu'il leur prescrivait ; et il y mettait un si bel ordre, que ceux qui prendront la peine de lire ses épîtres, sur ce sujet, en seront ravis : il y dit des choses fort belles et très-touchantes sur l'aumône. Il entretenait, dans la ville de Rome, trois mille religieuses. Il disait de ces saintes filles, qu'on avait de grandes obligations à leurs larmes et à leurs prières, et que c'étaient elles qui, par leur crédit auprès de Dieu, avaient détourné les armes des Lombards.
Il envoya à Jérusalem un abbé appelé Probe, avec une notable somme d'argent, pour y faire bâtir un hôpital, qu'il entretint toujours, durant sa vie, de tout ce qui était nécessaire. Il eut soin aussi de fournir, tous les ans, des vivres et des habits aux religieux du Mont-Sinaï, dont un, nommé Palade, était supérieur.
Son zèle pour la gloire de l'Eglise lui faisait avoir l'œil sur les évêques et sur les autres prélats, s'informant exactement de leur conduite, et les reprenant généreusement quand ils manquaient à leur devoir. Il écrivit à un évêque qui négligeait les pauvres : « Sachez que ce n'est pas assez, pour rendre un fidèle compte à Dieu, d'être retiré, studieux et adonné à l'oraison, si vos œuvres ne sont profitables à vos diocésains, si vous n'avez la main ouverte pour subvenir aux nécessités des pauvres; un prélat doit regarder la pauvreté d'autrui comme la sienne propre : c'est à tort que vous portez le nom d'évêque, si vous faites autrement ».
Il ordonna que les seuls ecclésiastiques eussent l'administration des églises et de leur revenu, et que la même personne ne pût posséder plusieurs charges; afin, suivant la doctrine de l'Apôtre, que chaque membre du corps ecclésiastique eût son office propre, et que chacun pût servir Dieu en un même esprit.
Il défendit de donner la conduite des monastères aux ecclésiastiques, disant que c'était là le moyen de les ruiner. Il ne voulait pas qu'eux, ni les religieux, intercédassent facilement auprès des juges pour les malfaiteurs; mais, s'ils le faisaient, que ce fût avec grande prudence, en sorte que leur réputation ne perdît rien de son lustre, et que l'on ne se pût imaginer que l'Eglise favorisât les crimes et retardât l'exécution de la justice. Il reprit sévèrement les évêques simoniaques et les laïques qui montaient aux évêchés sans avoir passé par les autres degrés de l'Eglise. Il était ennemi des présents ; il en fit rendre qu'on lui avait envoyés et fit reporter de l'argent à ceux mêmes qui les lui avaient faits. Il reprit Janvier, évêque de Cagliari, d'avoir excommunié un homme pour quelque injure qu'il avait reçue de lui ; il dit que l'évêque ne doit excommunier personne pour son intérêt particulier, ni employer à se venger une autorité qu'il n'a que pour le bien général de l'Eglise. Didier, archevêque de Vienne, lui avait demandé le Pallium : le saint Pape lui écrivit de ne pas expliquer au public les poètes ni les autres auteurs profanes, parce que cela ne convenait nullement à son âge ni à sa dignité.