Biographie Mgr Thuc ?

Si vis pacem
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Re: Biographie Mgr Thuc ?

Message par Si vis pacem »

 
Mgr Ngo dinh Thuc - Autobiographie a écrit : 
Me voici donc pourvu d'une demeure, petite, mais suffisante pour moi, pour mon secrétaire et mes deux domestiques, avec quelques cellules pour les hôtes de passages. Il me fallait, quand même, un curé pour la paroisse de Vinhlong. Je dus écrire à Mgr Dumortier lui demandant un prêtre. Il eut la bonté, ou peut-être la chance, de se débarrasser d'un prêtre douteux, en m'envoyant le Père H. qui, extérieurement ressemblait à St-Louis de Gonzague, mais qui, réellement, était un détraqué sexuel et un voleur de grand chemin. Je ne l'ai su que trop tard. Il est mort, paix à son âme.

Je fus obliger de renvoyer à Mgr Dumortier un jeune vicaire jeune vu l'âge, mais vicieux depuis des années. Mgr Dumortier ne pût ne pas l'accepter. Du reste, peu après, ce pauvre garçon jeta sa soutane aux orties. Ce fut mieux ainsi. Il gagna sa vie comme maître d'école grâce à l'enseignement reçu au petit séminaire.

Mgr Dumortier s'attendait à d'autres renvois de ma part, mais comme ces cas, certes malheureux, n'étaient pas de notoriété publique, je me contentais d'admonester les coupables en secret ou de les envoyer faire une retraite. Étant originaire du Centre-Vietnam, où des cas pareils étaient rarissimes, j'étais éberlué en découvrant tant de faiblesses. J'en parlais à Mgr Dumortier. Voici sa réponse : "C'est parce qu'il fait trop chaud en Cochinchine". Peut-être avait-il raison. La chaleur humide continuelle détend toute énergie. Sans recours à une prière continuelle et humble, sans une dévotion authentique à Notre Mère la très Pure, impossible de ne pas tomber. Mais mes fidèles, aimant beaucoup leurs prêtres, fermaient souvent les yeux.
 
 
Si vis pacem
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Re: Biographie Mgr Thuc ?

Message par Si vis pacem »

 
Mgr Ngo dinh Thuc - Autobiographie a écrit : 
Comme remède à cet état de choses, j'ai commencé de suite à convoquer mes prêtres, chaque mois, chez le doyen du district, pour une retraite spirituelle sérieuse, de 7 heures du matin jusqu'à midi, je faisais le prédicateur. La retraite finissait au déjeuner et, ensuite, j'examinais les cas à résoudre, faisais les recommandations nécessaires, répondais aux questions ou difficultés posées par les confrères. J'appliquais ce programme à chacun des quatre doyennés. Ces visites régulières entretenaient la charité mutuelle, la confiance en l'évêque et la connaissance directe des nouvelles de notre Mission (mission veut dire vicariat apostolique). Ainsi, s'il y avait à intervenir, je pouvais le faire de suite. Mes prêtres commençaient aussi à connaître leur évêque qui, quoique venant du Centre-Vietnam s'adaptait vite à la mentalité du Sud. Je n'ai jamais eu de litige avec mes prêtres, ils avaient confiance en moi, surtout en ma discrétion. L'évêque ne doit jamais montrer de partialité envers n'importe lequel de ses confrères. Les remontrances doivent être faites en secret. Le visage de l'évêque doit être toujours serein, gai avec tous – gaudete cum gaudentibus - flete cum flentibus. J'ai aimé sincèrement tous mes prêtres et je crois qu'ils me rendaient la pareille.

La grande qualité des prêtres de Cochinchine (donc ceux de mon vicariat) était, et encore je l'espère, de ne pas s'occuper des autres. Si vous demandez à l'un d'eux ce qu'il pense d'un confrère Un-tel, il vous répondra : "Monseigneur, je n'en sais rien". Il est sincère en le disant, il ne cherche pas à voir les défauts de ses confrères. Évidemment, il y a des cas de scandale public. Alors, l'évêque n'a pas besoin de les interroger, mais de surveiller, avec charité ses subordonnés.
 
 
Si vis pacem
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Re: Biographie Mgr Thuc ?

Message par Si vis pacem »

 
Mgr Ngo dinh Thuc - Autobiographie a écrit : 
Quelquefois, je recevais des lettres anonymes. Il ne faut pas y croire de suite, la patience, la longanimité portent fruit. Mais si la dénonciation a un fond, je fais venir le confrère incriminé et, entre quatre yeux, je lui découvre les accusations portées contre lui et je le prie de se défendre, car le prêtre, dans une paroisse, est très jalousé. Après avoir entendu ses dénégations, je lui montre les preuves envoyées à moi par son dénonciateur ou sa dénonciatrice, par exemple une lettre écrite de sa main. Il ne peut donc plus nier le fait. Alors, je lui fais une réprimande en alléguant des raisons spirituelles : offense à Dieu, sacrilège pour messes dites en état de péché mortel, scandale, stérilité du ministère, cela sans montrer de colère, mais une grande compassion. Enfin, lui demander d'indiquer la punition spirituelle qu'il encourt : par exemple une retraite spirituelle d'une semaine ou d'un mois dans un monastère ou un changement de poste. Je n'ai eu qu'à me louer de cette manière de faire.

Le prêtre est si exposé, il est si seul. Si l'amour de Dieu ne règne pas en maître en son cœur, il doit s'attendre à des chutes, car les occasions sont si multiples, les gens ont tant de confiance en leur curé et l'aiment beaucoup. Enfin, il y a la chaleur étouffante qui énerve tout le monde... et le diable qui fait admirablement son métier. C'est presque toujours le sixième commandement et le neuvième qui tentent le prêtre. Rarement le septième, mais cela arrive, le plus souvent pour avoir les moyens de satisfaire des penchants vicieux.

Au Nord, il y a un vice qui tente le prêtre, c'est l'alcool de riz (le chan-chan). On y fait macérer de la cannelle ou d'autres racines pour le rendre plus fort et c'est le vice affreux de l'ivrognerie. Ce vice attaque aussi les missionnaires, beaucoup plus souvent que la luxure. Ceci dit à la louange de nos pères dans la foi.
 
 
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