Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société a écrit :
II. — La famille.
La reconstruction de la patrie se fera par la restauration de la famille. La force, la prospérité, la grandeur d’une nation repose sur des familles fécondes, stables et unies.
Aussi une opposition foncière n'est-elle à craindre entre le bien des familles et le bien de l’État. Certes l’État a le droit de demander aux familles la soumission à ses lois et, même aux heures graves de l’épreuve nationale, de leur imposer de durs sacrifices. Mais, en respectant et en protégeant les droits de la famille l’État remplit sa vraie mission parce qu’il assure le bien commun de la nation.
Le droit des familles est antérieur à celui de l’État parce que, historiquement, l’État apparaît après la famille. Ce n’est pas la société qui existe la première : c’est la famille. Une nation n’est qu’un groupement de familles. La famille est le germe de la société : c’est elle qui donne à la société ses membres. La famille est l’unité sociale : c’est par la famille que l’homme appartient à la société. La société, l’État, doit donc servir la famille, non la supplanter là où elle suffit à remplir son rôle.
Le droit des familles sur l'enfant est supérieur à celui de l’État, parce que ce droit, elles ne le tiennent pas de l’État par une concession, mais de la nature elle-même.
Société naturelle établie par Dieu, fondée sur un contrat dont Jésus-Christ a fait une source sacramentelle de vie divine pour les époux, la famille est aussi une institution dont l’existence et la fin ont, dans le temps, des effets et des prolongements qu’il n’est au pouvoir de personne de supprimer.
La famille est donc, dans le plan providentiel, le foyer où s’acquièrent les grandes vertus nécessaires à la vie sociale : le respect et le souci des autres, l’attention et le dévouement aux autres, la loyauté et la conscience, la soumission à l’autorité. La famille est l’école de toutes les vertus humaines : l’accomplissement constant de leurs devoirs, souvent austères, impose aux parents un esprit d’abnégation, le don de soi, le courage patient dans le partage en commun des peines des sacrifices, la maîtrise de soi dans les joies, le sentiment du devoir, la confiance en la Providence paternelle de Dieu.
Parce qu’elle a des devoirs, la famille à des droits. En les proclamant, nous sommes certains de nous faire l’écho des aspirations des grands mouvements familiaux, qui les exprimaient naguère en des vœux analogues, mais nous les complétons sur plusieurs points à la lumière de la doctrine de l’Église.