JCL a écrit : jeu. 05 févr. 2026 15:54
Je ne vois pas d'article sur la question, pourrait on avoir des éclaircissements ?
chartreux a écrit : jeu. 05 févr. 2026 18:32
Comme vous, cher JCL, j'espère trouver des éclaircissements sur cette question.
Je viens de me rendre compte tardivement qu'il y a une vidéo d'Adrien Abauzit assez ancienne puisqu'elle date d'il y a environ 5 ans (
ici), qui répond à toutes les questions que l'on pourrait se poser à ce sujet.
Pour résumer :
1° Contrairement à ce que veut faire accroire Philippe Prévost, que cette condamnation ne serait qu'une lubie de Pie XI, cette condamnation a en fait été d'abord portée par S. Pie X (mais la publication a été retardée pour des raisons d'opportunité) et approuvée par Benoît XV et Pie XII.
2° Ph. P (et d'autres) profitent de cet accident historique que les motifs et griefs précis de la condamnation ne se trouvent pas dans le décret de condamnation pour faire croire que l'Église n'a jamais exposé ces motifs ailleurs, ce qui n'est pas le cas - c'est fait notamment dans la déclaration des cardinaux, évêques etc de France de 1927.
3° A l'inverse de l'image donnée par Ph. P. de responsables de l'AF protestant bruyamment de leur innocence sans qu'on leur réponde, ayant écrit seulement "une lettre d'excuses sans aucune abjuration", la condamnation n'a été levée qu'après une (seconde) demande de ces responsables à cet effet, contenant soumission et abjuration en des termes très clairs.
4° Le décret de levée ne s'applique qu'à partir de sa publication, et n'annule évidemment pas les condamnations antérieures des numéros antérieurs de la revue, des livres de Charles Maurras antérieurs nommément condamnés etc. Il n'y a donc pas de "retournements" dans les décisions de l'Église à cet égard, contrairement à ce que prétend PhP.
Sources :
Le décret de condamnation et la "Déclaration des cardinaux, archevêques et évêques de France" de 1927 peuvent être trouvés
ici (site AF-iste)
La lettre de Pie XI au cardinal Andrieu est
là, page 255.
La lettre du 19 juin 1939 du comité directeur de l'AF à Pie XI se trouve
ici, page 984.
Quelques citations :
Decrét de condamnation, section 2.6 a écrit :
Toutes ces choses ayant été rapportées avec soin à Notre Très Saint-Père par moi, soussigné, assesseur du Saint-Office, Sa Sainteté a jugé qu’il était devenu opportun de publier et de promulguer ce décret du pape Pie X et a décidé d’en effectuer la promulgation, avec la date prescrite par son prédécesseur d’heureuse mémoire Pie X
Declaration des cardinaux etc, 1927 a écrit :
Section 3.6 : Ceux-ci [à l'AF] professent un « nationalisme intégral » qui n’est au fond qu’une conception païenne de la cité et de l’État, où l’Église n’a de place que comme soutien de l’ordre et non comme organisme divin et indépendant, chargé de diriger les âmes vers leur fin surnaturelle.
Section 3.7 : Ils laissent aussi dans l’ombre tout un côté de la morale catholique qui en est l’aspect le plus bienfaisant : douceur, charité, modération, bienveillance, apostolat des humbles : autant de vertus dont ils ne parlent guère.
Les jeunes gens instruits à leur école rêvent d’une autre méthode d’action, et la maxime « Politique d’abord », qui demeure, en dépit de toutes les explications données, inacceptable pour les catholiques, tourne vers d’autres buts leur activité.
Et cette activité même, qui devrait être sagement dirigée, les maîtres de l’Action française l’exercent à réaliser « par tous les moyens » une œuvre politique. Par tous les moyens ! Formule que la morale réprouve, ainsi exprimée sans aucune restriction, et que la conscience chrétienne ne saurait admettre.
Lettre du 19 juin 1939 du Comité directeur de l'AF à Pie XII a écrit :
2) Pour tout ce qui regarde en particulier la Doctrine, tous ceux d'entre nous qui sont Catholiques, en réprouvant tout ce qu'ils ont pu écrire d'erroné, rejettent complètement tout principe et toute théorie qui soient contraires aux enseignements de l'Eglise Catholique, enseignements pour lesquels nous professons unanimement le plus profond respect.
3) Nous déclarons et assurons en outre que nous voulons être très attentifs à rédiger le journal, de telle manière que, ni les collaborateurs, ni les lecteurs n'y trouvent rien qui, directement ou indirectement, trouble leur conscience et qui s'oppose à l'adhésion due aux enseignements et aux directives d'ordre religieux et moral de l'Église.