Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Message par Laetitia »


Vendredi après l'Octave du Saint Sacrement,

fête du Sacré-Cœur de Jésus-Christ.



Image


"Nouveau formulaire de prières, dédié aux Enfants de Marie" , 1845 a écrit :La fête du Sacré-cœur de Jésus-Christ est la fête de l'amour de Jésus-Christ. En instituant cette solennité, l'intention de notre divin Sauveur fut d'attendrir nos cœurs et de les décider enfin à correspondre à son Amour. C'est pour atteindre ce but qu'il nous présente, pour objet de la fête, son Cœur adorable, comme symbole de sa divine charité. Ce jour doit donc être consacré au culte du Cœur de Jésus ; mais toujours dans l'esprit de cette dévotion, qui est tout compris en ces deux mots : amour et réparation.

Représentons-nous aujourd'hui Notre-Seigneur Jésus-Christ, au Très Saint Sacrement, tel qu'Il apparut à la vénérable Marguerite-Marie, lui découvrant son Cœur divin, environné de flammes, cruellement percé, ceint d'une couronne d'épines et surmonté d'une croix, symboles énergiques de son Amour et de ce que Lui a fait souffrir l'ingratitude des hommes. Prions Jésus de nous faire Lui-même connaître et sentir profondément et l'excès de son Amour pour nous, et l'excès de notre ingratitude envers Lui.

Cœur Sacré de Jésus, je me donne tout à Vous par Marie. (ind.)

Doux Coeur de Jésus, faites que je Vous aime de plus en plus. (ind.)

Cœur de Jésus, brûlant d'amour pour nous, embrasez nos cœurs d'amour pour Vous. (ind.)


Vous trouverez d'autres prières indulgenciées et oraisons jaculatoires au Sacré-Cœur de Jésus-Christ dans le dossier Prières.
Dernière modification par Laetitia le ven. 09 juin 2023 15:45, modifié 1 fois.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Message par Laetitia »

4e, 5e et 6e Leçons du Bréviaire a écrit :Parmi les merveilleux développements de la doctrine sacrée et de la piété, par lesquels les desseins de la divine Sagesse se manifestent de jour en jour plus clairement à l’Église, il n’en est guère de plus remarquable que la progression triomphale du culte du Sacré-Cœur de Jésus. En effet très souvent au cours des premiers temps, des Pères, des Docteurs, des Saints ont célébré l’amour de notre Rédempteur. La blessure ouverte au côté du Christ, ils l’ont appelée la source mystique de toutes les grâces. Mais, à partir du moyen âge, depuis qu’une piété plus affective envers la très sainte Humanité du Sauveur commença à toucher les fidèles, les âmes contemplatives pénétraient par cette plaie jusqu’au Cœur lui-même, blessé par amour pour les hommes. Et depuis lors cette contemplation devint chez quelques grands saints tellement familière qu’il n’est point de région ni d’ordre religieux où l’on n’en trouve à cette époque des témoignages insignes. Enfin, dans des temps plus proches de nous, et particulièrement à l’époque où des hérétiques, sous le prétexte d’une fausse piété, essayaient de détourner les chrétiens de la très sainte Eucharistie, on commença à rendre un culte public au Sacré-Cœur, grâce surtout à saint Jean Eudes (1), qui, à juste titre, est appelé l’auteur du culte liturgique des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie.

Toutefois, pour établir pleinement et parfaitement le culte du Sacré-Cœur de Jésus et le propager dans le monde entier, Dieu lui-même se choisit pour instrument une humble vierge de l’ordre de la Visitation, sainte Marguerite Marie Alacoque (2). A celle-ci, brûlant d’amour dès son enfance envers le sacrement de l’Eucharistie, le Christ Seigneur apparut de nombreuses fois et daigna révéler les richesses et les désirs de son divin cœur. La plus célèbre de ces apparitions est celle où Jésus se montra à elle pendant qu’elle était en prière devant l’Eucharistie (3). Il lui montra son Sacré-Cœur et se plaignit de ce qu’en retour de son immense charité il ne recevait que les opprobres des hommes ingrats. Il lui ordonna d’obtenir qu’une fête nouvelle soit instituée, le vendredi après l’octave de la Fête-Dieu, et qu’en cette fête son Cœur soit honoré dignement et les outrages que les pécheurs lui infligent dans son sacrement d’amour soient expiés par de dignes hommages. Personne n’ignore quelles grandes et nombreuses difficultés la servante de Dieu rencontra pour accomplir les ordres du Christ. Mais, encouragée par le Seigneur lui-même et puissamment aidée par les religieux, ses directeurs spirituels, qui avec une ardeur incroyable travaillèrent à la propagation de ce culte, elle ne cessa pas de s’acquitter fidèlement jusqu’à sa mort de la céleste mission qui lui avait été confiée.

Enfin en l’an 1765, le Souverain Pontife Clément XIII approuva l’Office et la Messe en l’honneur du Sacré-Cœur de Jésus. Pie IX étendit la fête à l’Église universelle (4). Désormais, le culte du Sacré-Cœur, comme un fleuve débordant, en dépit de toutes les difficultés, se répandit dans le inonde entier. Au début du siècle suivant, en annonçant le Jubilé, Léon XIII décida que le genre humain tout entier serait consacré au Sacré-Cœur. Cette consécration, faite solennellement dans toutes les églises du monde catholique, développa considérablement cette dévotion et elle attira non seulement des peuples mais aussi des familles, qui se consacrent en grand nombre au Divin Cœur et se soumettent à cette domination royale. En dernier lieu, afin que la solennité de cette fête répondît plus pleinement à la dévotion si largement répandue dans le peuple chrétien, le Souverain Pontife Pie XI éleva cette fête au rang de première classe (5). En outre, afin de faire acte de réparation pour les droits violés du Christ souverain Roi et Sauveur très aimant et de déplorer les péchés des peuples, il ordonna que chaque année à cette fête, une amende honorable soit récitée dans tous les sanctuaires du monde entier.

(1) 1601-1680, canonisé en 1925, fêté le 19 août.
(2) 1647-1690, canonisé en 1920, fêtée le 16 octobre.
(3) 1675.
(4) 1856.
(5) 1928.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Message par Laetitia »

7e, 8e et 9e Leçons du Bréviaire a écrit : Homélie de saint Bonaventure, Évêque.

Liber de ligno vitæ, num. 30.

Une disposition de Dieu permit à un des soldats d’ouvrir d’un coup de lance le cœur sacré de Jésus. Ainsi, l’Église serait tirée du côté du Christ endormi sur la croix. En même temps, serait réalisée la parole de l’Écriture : « Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé » (1). Le sang et l’eau, prix de notre salut, s’écoulèrent de cette blessure du cœur, comme d’une source mystérieuse, pour donner aux sacrements de l’Église la puissance de conférer la vie de la grâce et pour être le breuvage de « cette source d’eau vive jaillissant en vie éternelle » (2) que goûteraient les âmes qui vivent dans le Christ. Lève-toi donc, ô amie du Christ, ne cesse pas de veiller, applique ici tes lèvres pour « puiser l’eau aux sources du salut » (3).

De vite mystica Cap. 3

Ne nous laissons pas facilement entraîner loin du cœur de ce très doux Seigneur, une fois que nous y avons accédé, car il nous est bon d’y demeurer (4). Ah, qu’il est bon, qu’il est doux d’habiter en ce Cœur ! Votre Cœur, ô bon Jésus, est vraiment le trésor, la perle précieuse que nous avons trouvée dans le champ labouré de votre corps. Qui pourrait rejeter cette perle ? Quant à moi, bien plutôt, je donnerai toutes les perles, j’échangerai toutes mes pensées et mes affections pour l’acquérir, jetant tout mon souci en ce cœur de Jésus qui, dans sa bonté, me nourrira sans risque de déception (5). Après avoir ainsi trouvé, ô très bon Jésus, ce Cœur qui est le vôtre et qui est à moi aussi, je vous prierai comme mon Dieu : Accueillez mes prières dans le sanctuaire où vous les exaucez. Bien plus, attirez-moi tout entier dans votre Cœur.

Votre cœur a été transpercé pour nous ouvrir un accès. Il a été blessé pour que nous puissions y habiter à l’abri des troubles externes. Mais il le fut aussi pour que cette plaie visible nous révèle la plaie invisible de ton amour. Quel meilleur moyen de manifester l’ardeur de votre amour pour nous que de permettre la blessure par la lance, non seulement de votre corps en général, mais de votre cœur spécialement ! La blessure de la chair fait connaître la blessure spirituelle. Qui pourrait ne pas aimer un cœur blessé à ce point ? Qui n’aimerait en retour un cœur si aimant ? Qui ne serrerait sur son propre cœur un cœur si pur ? Nous donc qui demeurons encore dans la chair, payons de retour selon notre pouvoir notre Sauveur tout aimant, étreignons-le tout saignant des plaies dont d’impies laboureurs ont creusé le sillon dans ses mains et ses pieds, son côté et son cœur. Prions enfin pour que Jésus daigne enchaîner par le lien de son amour et blesser de ses traits notre cœur encore obstiné et impénitent.


(1) Jn. 19, 36-37, cf. Zach. 12, 10.
(2) Jn. 4, 14, cf. Ézech., 47,1-12
(3) Is. 12, 3.
(4) Cf. Luc. 9, 33.
(5) Citation large du Ps. 54.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Message par Laetitia »

Samedi dans l'Octave du Sacré-Coeur.
Extrait de la Lettre Encyclique : Miserentissimus Redemptor, du Pape Pie XI.

Parmi les nombreuses preuves de l’infinie bonté de notre Sauveur, il en est une qui brille d’un éclat tout particulier. Alors que la charité des fidèles allait se refroidissant, ce fut la charité même de Dieu qui se proposa pour être honorée d’un culte spécial, et les trésors de sa bonté se répandirent largement, grâce à la forme du culte rendu au Cœur sacré de Jésus, dans lequel sont cachés tous les trésors de la science et de la sagesse (1). Jadis, à la sortie de l’arche de Noé, Dieu notifia par un signe son pacte d’amitié avec le genre humain, en faisant briller un arc resplendissant dans les nuées (2). De même, à l’époque si troublée où se répandait l’hérésie, perfide entre toutes, du jansénisme qui étouffait l’amour et la piété dus à Dieu, en le présentant moins comme un Père digne d’amour que comme un juge à craindre pour sa sévérité implacable, Jésus vint, dans sa bonté infinie, nous montrer son Cœur sacré tel un symbole de paix et de charité offert aux regards des peuples ; c’était un gage assuré de victoire dans les combats.

Aussi Notre prédécesseur d’heureuse mémoire, Léon XIII, considérant justement, dans sa Lettre encyclique Annum sacrum, l’admirable opportunité du culte envers le Cœur sacré de Jésus, n’hésitait pas à dire : « Quand l’Église, encore toute proche de ses origines, gémissait sous le joug des Césars, une croix apparut dans le ciel à un jeune empereur ; elle était le présage et la cause d’un insigne et prochain triomphe. Aujourd’hui, un autre symbole divin d’heureux augure apparaît à nos yeux : c’est le Cœur très sacré de Jésus, surmonté de la croix et resplendissant d’un éclat incomparable au milieu des flammes. Nous devons placer en lui toutes nos espérances, c’est à lui que nous devons demander le salut des hommes, et c’est de lui qu’il faut l’attendre » (3).

Et c’est à juste titre. Car ce signe éminemment propice et la forme de dévotion qui en découle ne renferment-ils point la synthèse de la religion et la norme d’une vie d’autant plus parfaite qu’elle achemine les âmes à connaître plus profondément et plus rapidement le Christ Seigneur, à l’aimer plus ardemment et à l’imiter avec plus d’application et plus d’efficacité ? Qu’on ne s’étonne point dès lors que Nos prédécesseurs aient constamment défendu cette forme si excellente de dévotion contre les accusations de ses détracteurs, qu’ils l’aient couverte de louanges et qu’ils aient mis tout leur zèle à la propager, suivant les exigences des temps et des lieux. Sous le souffle de Dieu, la piété des fidèles envers le Cœur sacré de Jésus n’a point cessé de croître.


(1) Coloss., II, 3.
(2) Gen., II, 14.
(3) Léon XIII, 25 mai 1899.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Message par Laetitia »

Homélie de saint Jean Chrysostome sur l'Evangile selon saint Jean (Cap. 19, 31-37).

Voyez-vous quelle est la force de la vérité ? C’est par le soin même des Juifs que s’accomplit la prophétie. C’est par eux encore qu’une autre prophétie reçoit son accomplissement. Car les soldats vinrent et brisèrent les jambes des autres, mais non celles du Christ. Cependant, afin de plaire aux Juifs, ils percent son côté d’une lance, et ainsi outragent un cadavre. Ô crime horrible et maudit ! Mais ne vous laissez pas troubler et abattre, mon ami. Car les actes mêmes qu’ils accomplissent par une volonté perverse, militent en faveur de la vérité. Il existait en effet une prophétie qui disait : « Ils regarderont celui qu’ils auront transpercé » (1). Et ce n’est pas tout, car cet attentat devint encore un argument de foi pour ceux qui devaient douter, comme Thomas et autres semblables. En même temps se consommait un mystère ineffable ; car « il sortit du sang et de l’eau » (2). Ce n’est pas sans raison et par hasard que jaillirent ces sources : mais parce que d’elles deux fut constituée l’Église.

Ils le savent les initiés qui sont régénérés par l’eau et se nourrissent du Sang et de la Chair. C’est là que prennent leur source les saints mystères : aussi lorsque vous approchez de la coupe redoutable, venez comme si vous alliez boire à ce côté même. « Et celui qui a vu en rend témoignage, et son témoignage est vrai » (3). C’est-à-dire je ne l’ai pas entendu d’autres, mais je l’ai vu moi-même étant présent, et mon témoignage est vrai. Et c’est tout naturel : car c’est un acte outrageant qu’il raconte ; il ne raconte rien de grand ni de merveilleux, qui vous puisse faire suspecter sa parole. Mais, fermant la bouche aux hérétiques, il annonce les mystères à venir, considère le trésor qu’ils renferment et rapporte minutieusement ce qui s’est passé. Elle s’accomplit encore cette autre prophétie : « On ne brisera aucun de ses os » (4). Si en effet cela fut dit de l’agneau des Juifs, c’est pourtant en vue de la réalité que la figure a précédé, et elle s’est ici plus pleinement accomplie. Voilà pourquoi il fait intervenir le prophète.

En effet, comme, se mettant lui-même en avant, il pouvait ne pas sembler digne de foi, il allègue Moïse, donnant à entendre que ceci ne s’était pas produit par hasard, mais avait été annoncé autrefois. Et voici ce qui a été dit : « On ne brisera aucun de ses os ». Et à son tour l’évangéliste confirme par lui-même le témoignage du prophète. Ce que j’ai raconté, dit-il, c’est afin que vous appreniez l’étroite parenté qui unit la figure et la réalité. Voyez-vous quel soin il prend, afin que l’on ajoute foi à ce qui paraît ignominieux et déshonorant ? L’outrage fait par le soldat à un cadavre était beaucoup plus grand que celui de la crucifixion. Néanmoins je l’ai narré aussi, dit-il, et je l’ai narré avec grand soin, « afin que vous croyez » (5). Que nul ne refuse donc sa foi, et n’aille, par un sentiment de honte, compromettre notre cause. Car les faits qui semblent les plus ignominieux sont les plus vénérables de nos biens.


(1) Zach. 12, 10.
(2) Jn 19, 34.
(3) Jn 19, 35.
(4) Ex. 12, 46.
(5) Jn. 19, 35.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Message par Laetitia »

Des Encycliques du Pape Pie XI.

Parmi toutes ces pratiques de la dévotion au Sacré-Cœur, il en est une remarquable qui mérite d’être signalée, c’est la pieuse consécration par laquelle, offrant à Dieu nos personnes et tous les biens que nous tenons de son éternelle bonté, nous les vouons au divin Cœur de Jésus. A tous ces hommages, il faut ajouter encore autre chose : à savoir l’amende honorable ou la réparation selon l’expression courante à offrir au Cœur sacré de Jésus. Si, dans la consécration, le but premier et principal pour la créature est de rendre à son Créateur amour pour amour, il s’ensuit naturellement qu’elle doit offrir à l’égard de l’amour incréé une compensation pour l’indifférence, l’oubli, les offenses, les outrages, les injures qu’il subit : c’est ce qu’on appelle couramment le devoir de la réparation.

Si les mêmes raisons nous obligent à ce double devoir, cependant le devoir de réparation et d’expiation s’impose en vertu d’un motif encore plus impérieux de justice et d’amour : de justice d’abord, car l’offense faite à Dieu par nos crimes doit être expiée, et l’ordre violé doit être rétabli par la pénitence ; mais d’amour aussi, car nous devons "compatir au Christ souffrant et saturé d’opprobres", et lui offrir, selon notre petitesse, quelque consolation. Tous nous sommes des pécheurs ; de nombreuses fautes nous chargent ; nous avons donc l’obligation d’honorer Dieu non seulement par notre culte, par une adoration qui rend à sa Majesté suprême de légitimes hommages, par des prières qui reconnaissent son souverain domaine, par des louanges et des actions de grâces pour son infinie bonté ; mais à ce Dieu juste vengeur nous avons encore le devoir d’offrir satisfaction pour nos innombrables péchés, offenses et négligences (1). Ainsi à la consécration, par laquelle nous nous donnons à Dieu et qui nous mérite d’être voués à Dieu, avec la sainteté et la stabilité qui, suivant l’enseignement du Docteur angélique (2) sont le propre de la consécration, il faut donc ajouter l’expiation qui répare entièrement les péchés, de peur que, dans sa sainteté, la Souveraine Justice ne nous repousse pour notre impudente indignité et, loin d’agréer notre offrande, ne la rejette.

En fait, ce devoir d’expiation incombe au genre humain tout entier. Comme nous l’enseigne la foi chrétienne, après la déplorable chute d’Adam, l’homme, infecté de la souillure originelle, esclave de la concupiscence et des plus lamentables dépravations, se trouva ainsi voué à la perte éternelle. De nos jours, des savants orgueilleux nient ces vérités et, s’inspirant de la vieille erreur de Pélage, vantent des vertus innées de la nature humaine qui la conduiraient, par ses seules forces, jusqu’aux cimes les plus élevées. Ces fausses théories de l’orgueil humain, l’Apôtre les réfute en nous rappelant que, par nature, nous étions enfants de colère (3). Dès les débuts, en réalité, la nécessité de cette expiation commune a été reconnue, puisque, cédant à un instinct naturel, les hommes se sont efforcés d’apaiser Dieu par des sacrifices même publics.


(1) Ordo Missæ, Offertoire.
(2) II, II, q. 81, a. 8. c.
(3) 1 Eph., II, 3.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Message par Laetitia »

Des Encycliques du Pape Pie XI.

Mais aucune puissance créée n’aurait jamais suffi à expier les crimes du genre humain si le Fils de Dieu n’avait assumé la nature humaine pour la relever. Le Sauveur des hommes l’a lui-même annoncé par la bouche du Psalmiste : Vous n’avez voulu ni sacrifice ni oblation, mais vous m’avez formé un corps ; vous n’avez pas agréé les holocaustes pour le péché. Alors j’ai dit : Me voici, je viens (1) . Et de fait, il s’est vraiment chargé de nos infirmités, il a porté lui-même nos douleurs (2) ; il a été broyé à cause de nos iniquités ; il a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois (3), détruisant l’acte qui était écrit contre nous et nous était contraire avec ses ordonnances ; et il l’a fait disparaître en le clouant à la croix (4)... afin que, morts, au péché, nous vivions pour la justice (5). La surabondante Rédemption du Christ nous a fait remise de toutes nos fautes (6). Cependant, par une admirable disposition de la Sagesse divine, nous devons compléter dans notre chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Église (7). En conséquence, aux louanges et aux réparations « dont le Christ s’est acquitté envers Dieu au nom des pécheurs » pouvons-nous, et même devons-nous ajouter encore nos louanges et nos expiations.

Mais nous ne devons jamais l’oublier, toute la vertu d’expiation découle uniquement du sacrifice sanglant du Christ, qui se renouvelle sans interruption, d’une manière non sanglante sur nos autels, car « c’est toujours une seule et même victime, c’est le même qui s’offre maintenant par le ministère du prêtre et qui s’offrit jadis sur la croix ; seule la manière d’offrir diffère » (8). C’est pour cette raison qu’au très auguste Sacrifice eucharistique les ministres et le reste des fidèles doivent joindre leur propre immolation, de sorte qu’ils s’offrent eux aussi comme des hosties vivantes, saintes, agréables à Dieu (9). Bien plus, saint Cyprien ne craint pas d’affirmer que « le sacrifice du Seigneur n’est pas célébré avec la sainteté requise si notre propre oblation et notre propre sacrifice ne correspondent pas à sa Passion » (10). Pour cette raison encore, l’Apôtre nous exhorte à « porter dans notre corps la mort de Jésus » (11), à nous ensevelir avec Jésus et à nous greffer sur lui par la ressemblance de sa mort (12) non seulement en crucifiant notre chair avec ses vices et ses convoitises en fuyant la corruption de la concupiscence (13) qui règne dans le monde, mais encore en manifestant la vie de Jésus dans nos corps (14) et, unis à son éternel sacerdoce, à offrir ainsi des dons et des sacrifices pour nos péchés (15).

A ce sacerdoce mystérieux et à cette mission de satisfaire et de sacrifier ne participent pas seulement les ministres choisis par notre Pontife, le Christ Jésus, pour l’oblation immaculée qui se doit faire en son nom divin depuis l’Orient jusqu’à l’Occident (16) mais encore le peuple chrétien tout entier, appelé à bon droit par le Prince des Apôtres race élue, sacerdoce royal (I Petr., II, 9.) ; car soit pour eux-mêmes, soit pour le genre humain tout entier, les fidèles doivent concourir à cette oblation pour les péchés (17), à peu près de la même manière que le Pontife choisi parmi les hommes est établi pour les hommes en ce qui concerne les choses de Dieu (18).


(1) Hebr., X, 5-7.
(2) Is., V, 3 ; IV, 5.
(3) I Petr., II, 24.
(4) Coloss., II, 14.
(5) I Petr., II, 24.
(6) Cf. Coloss., II, 13.
(7) Cf. Coloss., I, 24.
(8) Conc. Trid., sess. XXII, c. 2.
(9) Rom., XII, 1.
(10) Ep. 63, n. 381.
(11) Cor., IV, 10.
(12) Cf. Rom., VI, 4-5.
(13) Cf. Gal., V, 24.
(14) II Cor., IV, 10.
(15) Hebr., V, 1.
(16) Malach., I, 11.
(17) Cf. Hebr., V, 2.
(18) Hebr., V, 1.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Message par Laetitia »

Homélie de saint Laurent Justinien, évêque. (De triumphale Christi agone, cap. 21)

Arrivés à Jésus et constatant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un d’eux, dardant « sa lance, lui ouvrit le côté, et il en sortit aussitôt du sang et de l’eau » (1). Prodige sublime et inouï, que d’un corps inanimé sorte du sang et de l’eau ! Aussi bien dans ce fait la sagesse de Dieu a voulu nous révéler un très grand mystère, celui de son union avec l’Église. De cette union spirituelle, une figure avait déjà précédé, lorsque, nous est-il raconté, durant son sommeil, une côte fut enlevée du flanc d’Adam, et que d’elle fut formée Ève, la mère de tous les hommes, qui était l’image de l’Église. L’Esprit Saint faisait alors entendre que viendrait le véritable et spirituel Adam, formé par la vertu du Paraclet, et que, de l’eau et du sang qui s’échapperaient de son côté, tandis qu’il dormirait sur la croix, serait formée l’Église, son Épouse toute belle, sans ride et sans tache (2).

Ce sont là les sacrements de l’Église par qui le corps entier de l’Église est purifié et sanctifié. En effet dans le bain de l’eau régénérante, qui est consacré par la mort du Christ, il est purifié de la tache originelle. Mais dans le sang du Rédempteur, non seulement il est purifié de toute faute, mais l’entrée du Royaume céleste lui est ouverte. Ces deux choses concourent au même effet, et l’une ne peut rien sans l’autre pour le salut. Car personne ne peut sans le sacrement du baptême et la rémission des péchés recueillir l’héritage de la béatitude future. C’est ce que confesse par toute la terre notre Mère la sainte Église, ce que confirment de multiples témoignages des divines Écritures. Enfin « celui qui a vu » l’eau et le sang jaillir du côté du Christ, « en a rendu témoignage et son témoignage est vrai » (3). C’est Jean, apôtre et évangéliste, qui a été aimé du Seigneur d’un amour de prédilection.

Tout ce que nous venons de raconter, il l’a très fidèlement prêché et écrit. Et « ces choses sont arrivées pour que s’accomplît l’Écriture : “Vous ne briserez aucun de ses os” » (4). En effet le Seigneur avait prescrit à Moïse de ne rompre aucun des os de l’agneau qui était immolé en sacrifice pour célébrer la Pâque (5). Or c’est dans le Seigneur Jésus, agneau très innocent, que s’accomplit la réalité de cette figure. Ses jambes ne furent pas brisées comme celles des deux criminels crucifiés avec lui ; mais seulement son côté fut ouvert, afin d’accomplir cette autre parole de l’Écriture : « Ils regarderont celui qu’il auront transpercé » (6). Or le Seigneur a voulu conserver en son corps les cicatrices de ses blessures, afin qu’elles fussent pour les réprouvés un irréfragable témoignage de leur damnation, comme pour les élus un stimulant de leur amour. Toutes ces choses qui se sont accomplies dans le Christ ont été longtemps auparavant annoncées par les oracles des prophètes, afin que fût affermie la foi catholique, tant pour elle-même que contre les erreurs des hérétiques.


(1) Jn. 19, 34.
(2) Cf. Éphes. 5, 27.
(3) Jn. 19, 35.
(4) Jn. 19, 36.
(5) cf. Ex. 12, 46.
(6) Za. 12, 10.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Message par Laetitia »

Des Encycliques du Pape Pie XI. (Miserentissimus Redemptor)

Plus notre oblation et notre sacrifice ressembleront au sacrifice du Christ, autrement dit, plus parfaite sera l’immolation de notre amour-propre et de nos convoitises, plus la crucifixion de notre chair se rapprochera de cette crucifixion mystique dont parle l’Apôtre, plus abondants seront les fruits de propitiation et d’expiation que nous recueillerons pour nous et pour les autres. Car entre les fidèles et le Christ existe une admirable relation, semblable à celle qui relie la tête aux divers membres du corps ; mais de plus, par cette mystérieuse communion des saints, que professe notre foi catholique, les hommes et les peuples non seulement sont unis entre eux, mais encore avec Celui-là même « qui est la tête, le Christ. C’est de lui que tout le corps, coordonné et uni par le lien des membres qui se prêtent un mutuel secours et dont chacun opère selon sa mesure d’activité, grandit et se perfectionne dans la charité » (1). C’est la prière qu’avant de mourir le Christ Jésus, Médiateur entre Dieu et les hommes, adressait lui-même à son Père : « Que je sois en eux et vous en moi, afin qu’ils soient parfaitement un » (2).

Par conséquent, de même que l’union avec le Christ trouve son expression et sa confirmation dans l’acte de consécration, de même l’expiation sert de prélude à cette union en effaçant les péchés ; elle la perfectionne en nous associant aux souffrances du Christ, elle la parachève enfin en offrant des victimes pour le prochain. Ce fut là bien certainement la miséricordieuse intention de Jésus quand il nous présenta son Cœur chargé des insignes de la Passion et débordant des flammes de l’amour ; en nous montrant ainsi, d’une part, la malice infinie du péché, et en nous faisant admirer, d’autre part, l’infinie charité du Rédempteur, il voulait nous inspirer une haine encore plus vive du péché, ainsi que plus d’ardeur à répondre à son amour. Du reste, l’esprit d’expiation ou de réparation a toujours tenu le premier et principal rôle dans le culte rendu au Sacré Cœur de Jésus ; rien n’est plus conforme à l’origine, à la nature, à la vertu et aux pratiques qui caractérisent cette dévotion ; d’ailleurs, l’histoire, les usages, la liturgie sacrée et les actes des Souverains Pontifes en portent témoignage.

Dans ses apparitions à Marguerite-Marie, quand il lui dévoilait son infinie charité, le Christ laissait en même temps percevoir comme une sorte de tristesse, en se plaignant des outrages si nombreux et si graves que lui faisait subir l’ingratitude des hommes. Puissent les paroles qu’il employait alors ne jamais s’effacer de l’âme des fidèles : « Voici ce Cœur – disait-il – qui a tant aimé les hommes, qui les a comblés de tous les bienfaits, mais qui, en échange de son amour infini, recueille non des actions de grâces, mais l’indifférence, l’outrage, et parfois de ceux-là mêmes que les témoignages d’un amour spécial obligeaient à lui demeurer plus fidèles. »


(1)Ephes. IV, 15-16.
(2) Jn. XVII, 23.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Message par Laetitia »

Homélie de saint Bernardin de Sienne. (Quadragesimale de Christiana Religione. Sermo 5)

Jean poursuit : « Arrivés à Jésus et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes, mais de sa lance l’un des soldats lui ouvrit le côté, et il en sortit aussitôt du sang et de l’eau » (1). O amour qui fonds tout ! Comment pour notre rédemption as-tu délaissé celui qui nous aime ? Car afin que de toutes parts nous inondât le déluge de l’amour, sur nous se sont déchirés les grands abîmes, c’est-à-dire les sources profondes de vie du Cœur de Jésus, que la lance cruelle, pénétrant jusqu’au plus intime, n’a pas épargnées. « Il sortit du sang et de l’eau. » Le sang coula pour la rédemption, mais aussi l’eau pour la purification : ainsi l’Église fut formée du côté du Christ, afin qu’elle se sache éternellement épousée et aimée du Christ, et qu’elle reconnaisse combien a déplu la faute pour laquelle le sang d’un Dieu a ainsi été répandu par l’Homme Dieu tant vivant que mort. Car nous ne sommes pas d’un vil prix, si le sang d’un Dieu est pour nous répandu.

Selon la lettre, l’eau ne coula pas confondue avec le sang. En effet les insensés n’auraient pas saisi, si elle avait coulé mêlée au sang. Et sans doute tout le sang s’est-il écoulé de ce divin corps en figure de l’amour répandu tout entier ; après quoi l’eau est sortie à son tour. Ce qui s’est accompli par un profond mystère : du même corps est d’abord sorti le prix du rachat, puis l’eau en qui est symbolisée la multitude des peuples rachetés. Les eaux abondantes, ce sont en effet des peuples nombreux (2). Cependant ceux qui appartiennent à la foi chrétienne ne forment qu’un peuple fidèle, de sorte que ce ne sont pas des eaux, mais de l’eau qui est sortie du côté du Christ ; c’est ce que dit l’Apôtre dans la Première aux Corinthiens : « Il n’y a qu’un seul pain et nous sommes un seul corps, malgré notre nombre, car nous participons tous à un seul pain et à un seul calice » (3). Et il dit encore aux Éphésiens : « Un seul Dieu, une seule foi, un seul baptême » (4).

Il faut cependant noter avec soin qu’il est dit du côté du Christ qu’il est ouvert et non blessé : car on ne peut à proprement parler faire de blessure qu’à un corps vivant. L’évangéliste Jean dit en effet : « de sa lance l’un des soldats lui ouvrit le côté », afin que par le côté ouvert, nous apprenions l’amour de son Cœur, qui va jusqu’à la mort : et que nous accédions à son amour ineffable par le chemin qu’il fait pour venir à nous. Approchons donc de son Cœur, Cœur profond (5), Cœur mystérieux, Cœur qui pense tout, Cœur qui connaît tout, Cœur aimant, bien plus, embrasé d’amour ; comprenons que la porte est ouverte et du moins sous la violence de l’amour, devenons conformes à ce Cœur ; entrons dans le secret caché de toute éternité (6), et maintenant comme révélé dans la mort par l’ouverture du côté : car l’ouverture du côté prouve qu’est ouvert le temple éternel, où est consommée l’éternelle félicité de tous les vivants.


(1) Jn. 19, 33-34.
(2) cf. Apoc. 17, 1 et 15.
(3) 1 Cor. 10, 17.
(4) Ephes. 4, 5.
(5) cf. Ps. 63, 7.
(6) cf. Col. 1, 26.
Répondre

Revenir à « Temporal&Sanctoral de l'année liturgique »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 0 invité