Sermon : Le désir et le dégoût de la Communion
Publié : dim. 12 nov. 2017 22:01
SERMON POUR LE VINGT-TROISIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE.
SUR LE DÉSIR ET LE DÉGOÛT DE LA COMMUNION.
ANALYSE.
Sujet. Elle disait en elle-même : Si je puis seulement toucher sa robe, je serai guérie.
La seule robe de Jésus-Christ guérit cette femme affligée d'une longue infirmité : que ne peut point à plus forte raison pour la sanctification de nos âmes cet adorable sacrement, où nous recevons Jésus-Christ même par la communion ?
Division. Deux sortes de dispositions, ordinaires dans le christianisme, à l'égard de la communion : désir et dégoût. Nous avons besoin d'instruction sur l'un et sur l'autre. Désir de la communion : première partie ; dégoût de la communion : deuxième partie.
Première partie. Désir de la communion. 1° Motifs de ce désir; 2° avantages de ce désir; 3° règles de ce désir.
1° Motifs de ce désir. Ils se réduisent tous à un motif général où ils sont renfermés, savoir : que toute âme chrétienne doit désirer souverainement et par-dessus toutes choses d'être unie à Jésus-Christ, puisque c'est en Jésus-Christ qu'elle trouve tous les biens. Or, c'est la communion qui nous unit réellement et substantiellement à Jésus-Christ. Mais ce désir de la communion peut-il convenir à un pécheur dans l'état actuel de son péché ? Oui : car tout exclu qu'il est de la sainte table par son péché, il peut néanmoins désirer d'y être rétabli, non point avec son péché, mais après s'être lavé et purifié de cette tache. Plus même un homme est pécheur, plus il doit désirer la communion, de la manière que je le viens d'expliquer; parce que plus il est pécheur, pins il est malade et faible, et qu'il doit par conséquent plus désirer ce qui peut le guérir et le fortifier.
2° Avantages de ce désir. 1° C'est la première disposition à la communion, quoique ce ne soit pas une disposition suffisante. Le sacrement de Jésus-Christ est une viande, et une viande ne profite jamais mieux que lorsqu'on la mange avec appétit. Jésus-Christ se tient honoré de ce désir, puisque c'est une marque de l'estime que nous faisons de ce saint aliment qu'il nous offre. 2° C'est le principe et comme le mobile de toutes les autres dispositions. Car voulant communier et ne voulant pas d'ailleurs communier indignement, je me trouve engagé par là à ne rien négliger de tout ce qui me peut disposer à une bonne communion. Abus de notre siècle : Au lieu d'exciter ce désir dans les âmes, on travaille à l'y éteindre, et de là vient que l'usage de la communion est si négligé par la plupart des chrétiens.
3° Règles de ce désir. Il faut que ce soit un désir humble, un désir éclairé ou demandant à l'être, un désir prudent et sage, docile et soumis, en un mot un désir chrétien, et non point un désir présomptueux, aveugle, précipité, volage, opiniâtre et entêté. Déjà que ce désir aura les qualités convenables, conservons-le, quoi qu'on puisse nous dire pour l'amortir en nous et nous le faire perdre.
Deuxième partie. Dégoût de la communion. Il y a un dégoût de la communion qui vient de Dieu, et il y en a un qui vient de nous-mêmes et de notre fonds. L'un n'est qu'une épreuve de Dieu, ou qu'un châtiment passager de Dieu, et ce n'est point de quoi il s'agit ici; mais l'antre procède d'une mauvaise disposition de notre cœur, et c'est de cette sorte de dégoût qu'il est question Voyons-en : 1° le principe, 2° les suites funestes, 3° les remèdes.
1° Principe de ce dégoût. C'est le relâchement de la vie. On quitte ces exercices de piété, on ne veut plus tant se faire de violence, ni tant veiller sur soi ; on s'accoutume à une vie sensuelle et délicate, à une vie dissipée et mondaine : on l'aime, et tout ce qui est capable de la troubler devient insupportable. De là donc l'on conçoit de l'éloignement pour la communion, parce qu'elle demande une autre vie que celle-là Pourquoi tant de communions ? dit-on. On se retire de la Sainte Table, et l'on se met ainsi plus au large. On parlait et l'on agissait tout autrement à ces temps d'une ferveur chrétienne, où l'on était animé de l'Esprit de Dieu.
2° Suites de ce dégoût. Comme le relâchement de la vie porte au dégoût de la communion, le dégoût de la communion par le retour le plus naturel, mais le plus funeste, porte à un nouveau relâchement de vie. Car ce dégoût éloigne de la communion; et moins on communie, moins on a de grâces, moins on a de forces, moins on a de vigilance, d'attention sur soi-même, de zèle pour son avancement, et par conséquent plus on se relâche. Voilà comment on a vu des personnes dans les plus saintes sociétés se dérégler, et comment on a vu les sociétés elles-mêmes tout entières se démentir, et devenir le scandale de la religion.
3° Remèdes de ce dégoût. 1° S'appliquer à bien comprendre le principe et les suites malheureuses du dégoût où l'on est tombé, et se faire là-dessus à soi-même d'utiles reproches; 2° ne point suivre le dégoût où l'on se trouve, et agir même contre ce dégoût; 3° se confier à un directeur dont la conduite soit à couvert de tout soupçon, et prendre ses avis;
4° avoir recours à Dieu même, et lui demander instamment qu'il fléchisse notre cœur et l'attire à lui.
SUR LE DÉSIR ET LE DÉGOÛT DE LA COMMUNION.
ANALYSE.
Sujet. Elle disait en elle-même : Si je puis seulement toucher sa robe, je serai guérie.
La seule robe de Jésus-Christ guérit cette femme affligée d'une longue infirmité : que ne peut point à plus forte raison pour la sanctification de nos âmes cet adorable sacrement, où nous recevons Jésus-Christ même par la communion ?
Division. Deux sortes de dispositions, ordinaires dans le christianisme, à l'égard de la communion : désir et dégoût. Nous avons besoin d'instruction sur l'un et sur l'autre. Désir de la communion : première partie ; dégoût de la communion : deuxième partie.
Première partie. Désir de la communion. 1° Motifs de ce désir; 2° avantages de ce désir; 3° règles de ce désir.
1° Motifs de ce désir. Ils se réduisent tous à un motif général où ils sont renfermés, savoir : que toute âme chrétienne doit désirer souverainement et par-dessus toutes choses d'être unie à Jésus-Christ, puisque c'est en Jésus-Christ qu'elle trouve tous les biens. Or, c'est la communion qui nous unit réellement et substantiellement à Jésus-Christ. Mais ce désir de la communion peut-il convenir à un pécheur dans l'état actuel de son péché ? Oui : car tout exclu qu'il est de la sainte table par son péché, il peut néanmoins désirer d'y être rétabli, non point avec son péché, mais après s'être lavé et purifié de cette tache. Plus même un homme est pécheur, plus il doit désirer la communion, de la manière que je le viens d'expliquer; parce que plus il est pécheur, pins il est malade et faible, et qu'il doit par conséquent plus désirer ce qui peut le guérir et le fortifier.
2° Avantages de ce désir. 1° C'est la première disposition à la communion, quoique ce ne soit pas une disposition suffisante. Le sacrement de Jésus-Christ est une viande, et une viande ne profite jamais mieux que lorsqu'on la mange avec appétit. Jésus-Christ se tient honoré de ce désir, puisque c'est une marque de l'estime que nous faisons de ce saint aliment qu'il nous offre. 2° C'est le principe et comme le mobile de toutes les autres dispositions. Car voulant communier et ne voulant pas d'ailleurs communier indignement, je me trouve engagé par là à ne rien négliger de tout ce qui me peut disposer à une bonne communion. Abus de notre siècle : Au lieu d'exciter ce désir dans les âmes, on travaille à l'y éteindre, et de là vient que l'usage de la communion est si négligé par la plupart des chrétiens.
3° Règles de ce désir. Il faut que ce soit un désir humble, un désir éclairé ou demandant à l'être, un désir prudent et sage, docile et soumis, en un mot un désir chrétien, et non point un désir présomptueux, aveugle, précipité, volage, opiniâtre et entêté. Déjà que ce désir aura les qualités convenables, conservons-le, quoi qu'on puisse nous dire pour l'amortir en nous et nous le faire perdre.
Deuxième partie. Dégoût de la communion. Il y a un dégoût de la communion qui vient de Dieu, et il y en a un qui vient de nous-mêmes et de notre fonds. L'un n'est qu'une épreuve de Dieu, ou qu'un châtiment passager de Dieu, et ce n'est point de quoi il s'agit ici; mais l'antre procède d'une mauvaise disposition de notre cœur, et c'est de cette sorte de dégoût qu'il est question Voyons-en : 1° le principe, 2° les suites funestes, 3° les remèdes.
1° Principe de ce dégoût. C'est le relâchement de la vie. On quitte ces exercices de piété, on ne veut plus tant se faire de violence, ni tant veiller sur soi ; on s'accoutume à une vie sensuelle et délicate, à une vie dissipée et mondaine : on l'aime, et tout ce qui est capable de la troubler devient insupportable. De là donc l'on conçoit de l'éloignement pour la communion, parce qu'elle demande une autre vie que celle-là Pourquoi tant de communions ? dit-on. On se retire de la Sainte Table, et l'on se met ainsi plus au large. On parlait et l'on agissait tout autrement à ces temps d'une ferveur chrétienne, où l'on était animé de l'Esprit de Dieu.
2° Suites de ce dégoût. Comme le relâchement de la vie porte au dégoût de la communion, le dégoût de la communion par le retour le plus naturel, mais le plus funeste, porte à un nouveau relâchement de vie. Car ce dégoût éloigne de la communion; et moins on communie, moins on a de grâces, moins on a de forces, moins on a de vigilance, d'attention sur soi-même, de zèle pour son avancement, et par conséquent plus on se relâche. Voilà comment on a vu des personnes dans les plus saintes sociétés se dérégler, et comment on a vu les sociétés elles-mêmes tout entières se démentir, et devenir le scandale de la religion.
3° Remèdes de ce dégoût. 1° S'appliquer à bien comprendre le principe et les suites malheureuses du dégoût où l'on est tombé, et se faire là-dessus à soi-même d'utiles reproches; 2° ne point suivre le dégoût où l'on se trouve, et agir même contre ce dégoût; 3° se confier à un directeur dont la conduite soit à couvert de tout soupçon, et prendre ses avis;
4° avoir recours à Dieu même, et lui demander instamment qu'il fléchisse notre cœur et l'attire à lui.